Site Pasquier


Encerclée par le canal Charles Quint et le Doubs, l'île du Pasquier est une zone inondable destinée aux équipements de loisirs (sport, camping,…). Elle abrite pourtant un joyau du XVIIIe siècle, le pavillon des Arquebusiers, aujourd'hui utilisé comme salle d'activités pour diverses associations locales. Si les règlements d'urbanisme ne prévoient aucune construction sur ce site, la destruction (ou le remplacement ?) des anciennes guinguettes est une opportunité pour repenser la promenade le long du canal et remettre en valeur le pavillon des Arquebusiers.

Les enjeux :
— Mettre en valeur le pavillon des Arquebusiers, notamment par un traitement paysager
— Requalifier la promenade le long du canal
— Questionner les rapports d'usages entre les différents équipement de l'île

 
Focus sur deux projets : 
L'émeraude – une île aux loisirs - projet d'Ugo Fior / Louis Mortame / Anna Pace / Emeline Pequegnot / Eline Vollmer
— Le territoire et ses rives - projet de Yohan Chieub / Alexis Coeffier / Igor Mapelli / Ludovic Pairin / Simon Woirgard



L'émeraude – une île aux loisirs
Ugo Fior / Louis Mortame / Anna Pace / Emeline Pequegnot / Eline Vollmer
 

HISTORIQUE
A l'origine, le Pasquier, situé à l'extérieur des fortifications de la ville et contraint par la zone inondable, est une aire marécageuse où se développent des activités de maraîchages. En 1702, un premier bâti apparaît avec la construction du Pavillon des Arquebusiers. Les arquebusiers appartiennent à un club et choisissent cet emplacement pour utiliser tout l'espace disponible sans encombre. Ils aménagent donc un centre de tir et composent un jardin structuré. Au XIXe siècle, l'espace est fracturé par l'arrivée du Canal du Rhône au Rhin, du Canal de Charles Quint et d'une voie de chemin de fer industrielle. Le projet d'un port bloque toute activité sur le site. Au XXe siècle, à la suite de l'abandon du projet portuaire, se développent à l'est des guinguettes, au nord des pavillons qui seront détruits plus tard et un vaste champ de Mars avec l'installation d'un hippodrome aujourd'hui disparu, un stade et des pistes d'athlétisme.

ANALYSE
Dôle, sous-préfecture de la Bourgogne Franche-Comté, est localisée entre deux métropoles régionales : Besançon et Dijon. Elle est bordée par le Doubs, axe de développement mais aussi de contrainte liée à la zone inondable. Dôle est un territoire traversé par de multiples réseaux et possède un patrimoine historique riche favorisant le tourisme. Au niveau des mobilités internes, le centre historique présente une diversité de flux (automobiles, transports en commun, modes doux). En revanche, l'île du Pasquier, conséquence de la fracture du canal, est dépourvue d'accès aux mobilités douces. Proche du centre historique, elle ne présente pas de mixité, étant destinée quasi uniquement aux activités sportives. Ce site monofonctionnel est pendulaire : utilisé en journée et sans usage la nuit. Cette situation est due à une fracture historique.



PROGRAMME
Le premier enjeu est la valorisation du paysage en respectant la biodiversité présente sur place, notamment la ripisylve, et en créant des perspectives sur l'environnement proche et lointain.
Le deuxième enjeu est d'éviter l'effet pendulaire et monofonctionnel en favorisant la mixité sociale et fonctionnelle. Offrir aux habitants du centre-ville l'accès à un espace paysager de qualité.
Le troisième et dernier enjeu est de gérer les flux en créant de nouveaux accès et en restructurant les voies internes.

PROJET
Le projet s'articule autour de la revalorisation du pavillon des arquebusiers, nouvelle porte d'entrée du site. Depuis le pavillon s'étend un jardin d'eau, organisé selon un dispositif semblable à ceux de Le Nôtre (les bassins de tailles différentes semblent avoir tous la même taille depuis le pavillon). Le long du jardin d'eau sont installés des pavillons, sortes de guinguettes accueillant diverses activités (restauration, atelier des tanneurs, produits du terroir, exposition,…). Les pavillons sont une intervention contemporaine dans le paysage naturel de l'île. Tous construits sur la base d'une même proportion, ils sont pourtant tous différents. Les structures sportives sont également rassemblés autour du jardin, et certaines infrastructures (comme les vestiaires) répondent aux guinguettes.
Le paysage est lui aussi retravaillé et mis en valeur. La voie verte, les gradins, le belvédère, un véritable théâtre de verdure et un laboratoire de la biodiversité se regroupent à la confluence du canal et du Doubs.  Le camping est repensé comme un éco-camping, avec une piscine publique écologique qui permet la mutualisation des équipements. Une balade circulaire réservée aux piétons, cyclistes, et autres modes de transport doux est aménagée tout autour de l'île. Des venelles internes irrigent l'ensemble du site et renforcent le lien avec la commanderie tandis que les voitures sont invitées à se stationner à la périphérie du site.
Ainsi, l'île du Pasquier se transforme en un poumon vert pour la ville de Dole, dégageant de nombreuses vues sur le patrimoine naturel et architectural existant. Ce lieu propose un nouveau cadre de vie basé sur la mixité sociale et fonctionnelle en lien avec la biodiversité.





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Le territoire et ses rives
Yohan Chieub / Alexis Coeffier / Igor Mapelli / Ludovic Pairin / Simon Woirgard
 

ANALYSE
Le site du Pasquier est avant tout une île. Entourée par le lit naturel du Doubs, le canal Charles Quint et le canal du Rhône au Rhin, elle s'étend sur près de 24 hectares. Le Pasquier se trouve dans le projet Dole Grand Coeur et propose une grande liberté d'aménagement. En effet, son Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) est en révision. Beaucoup de choses sont donc à écrire et à inventer.
Le site se situe au sud de Dole. Sa topographie (vaste plaine en contrebas du coeur historique) accentue le sentiment d'espace et offre des vues sur la Collégiale, dominant l'ensemble de la ville. La frontière du Pasquier se matérialise par le canal du Rhône au Rhin (datant de 1833) qui longe les fortifications de la ville. Historiquement axe de commerce important, le canal est devenu une voie touristique majeure, reliant Marseille à Amsterdam. Le passé du site est également illustré par le pavillon des Arquebusiers qui abritait au XVIIIe siècle le siège de la société des Chevaliers de l'arquebuse. Après plusieurs vies, le bâtiment est actuellement dans un mauvais état de conservation. Outre le PSMV, le Pasquier se trouve en zone rouge de risque d'inondations de la vallée moyenne du Doubs, ce qui rend le terrain inconstructible.
L'arrivée sur le site se fait par une grande aire de stationnement en bordure de route, qui se prolonge sur les rives du canal. La voiture y est omniprésente. Des installations vétustes et préfabriquées ponctuent la visite. Leurs usages reflètent l'activité majeure du site : la pratique sportive en plein air. On y trouve en effet de nombreux terrains de football, de rugby, une piste d'athlétisme et un terrain d'honneur avec tribune. Le Pasquier accueille quelques équipements touristiques, comme un port de plaisance, un camping et Dole les bains. La voie Eurovélo 6 ainsi qu'une ancienne voie ferrée qui doit devenir une voie verte entourent plus largement le site.

Aménagements et équipements à proximité


PROGRAMME

Fort de ces constatations, les enjeux du site se sont peu à peu dessinés. Le premier d'entre eux porte sur la préservation du patrimoine. Il apparaît important de restaurer le pavillon des Arquebusiers et de recréer le champ de Mars autrefois présent. La voie de chemin de fer, riche également d'un passé industriel devra être intégrée au projet, tout comme le canal. Ensuite, le besoin évident d'équipements sportifs et de loisirs incite à conserver la zone de terrains de sport et de créer des aménagements tels que des vestiaires, des promenades, un solarium... Pour renforcer l'activité de l'île (enjeu majeur), il est proposé d'y développer des bars, des restaurants, et de préserver le camping. Enfin, la redistribution des stationnements est à revoir pour diminuer l'omniprésence de la voiture sur le site. L'accessibilité reste cependant indispensable et les différentes voies piétonnes et cyclables doivent y être intégrées.   

Plan masse avec les nouveaux aménagements proposés


PROJET

Face à ces constats et enjeux, plusieurs scénarios sont possibles. Le premier met en évidence le futur du lieu si aucune intervention n'est effectuée : le développement de parking, la vétusté d'un patrimoine vieillissant et peu ou mal entretenu et un territoire qui n'est ni exploité ni conquis par ses habitants.
Le deuxième scénario propose d'apporter quelques améliorations à l'existant. Tout d'abord, l'aire de stationnement présente aux pieds des fortifications est remplacée par une promenade en bordure de rive. Le pavillon des Arquebusiers sera entièrement rénové et le champ de Mars permettra de créer des percées visuelles. Les terrains sportifs seront conservés. De plus, les modifications de la voirie permettront de mieux guider les flux : les voitures ne longeront plus les rives du canal Charles Quint, devenues piétonnes, mais devront emprunter l'allée du Doubs rêveur pour rejoindre le camping.
Le scénario final consiste en l'aménagement d'un jardin à la Française structuré par des axes visuels forts permettant au pavillon des Arquebusiers de devenir le point central de notre composition. Les limites de l'île seront redéfinies, notamment par la création d'un port sur le canal Charles Quint et l'implantation de maisons flottantes. Le terrain d'honneur prendra désormais place face au coeur historique de Dole, avec la Basilique Notre Dame comme paysage. L'aire de stationnement sera, dans ce scénario, totalement redistribuée et la promenade sur les rives rendue piétonne. Un travail à l'échelle architecturale permet de créer des bâtiments démontables qui habiteront des vestiaires pour Dole les Bains ainsi que pour les terrains sportifs.
La préservation de l'esprit du site, naturel et sauvage, anime la pensée du projet dans ces deux derniers scénarios.



Le village flottant installé sur le canal Charles Quint



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